La rue Beaubourg est formée en 1851 par la fusion de quatre rues anciennes, dont la rue Transnonain, théâtre d'un terrible massacre en 1834. Photo Vincent Delaveau.
Les voies nouvelles qui reçoivent de nos jours un nom célèbrent systématiquement une personnalité dans laquelle nous projetons nos valeurs et nos combats – tout au moins ceux de la municipalité décisionnaire dans ce domaine. Bien que ces choix présentent un intérêt culturel au sens large et malgré les qualités de ces grandes figures, cette façon de nommer les rues appauvrit considérablement la relation que les habitants et les visiteurs ont avec la ville. Et de fait, les noms des rues, places, avenues et autres boulevards ont beaucoup à nous raconter de l'histoire de Paris : de la topographie, de la politique et de l'administration, de la vie quotidienne, des croyances populaires.
Cette conférence, abondamment illustrée de photographies et de plans de différentes époques, raconte comment les rues ont été peu à peu nommées à partir du Moyen âge et comment cette pratique a évolué, comment elles ont été parfois rebaptisées dans différentes circonstances, comment le langage populaire a transformé certains noms de manière parfois inattendue. Cette conférence sera aussi l'occasion d'évoquer l'histoire de la plaque de rue, un objet très familier qui n'a pourtant pas toujours existé, loin de là.
Bref, du quai de la Mégisserie à la rue Brisemiche, de la rue du Pélican à la rue du Chemin Vert, de la rue Vide-Gousset à la place Dauphine, de la rue de la Grande Truanderie à la rue du Bac, de la rue du Mail... à la porte Maillot, le sujet fourmille d'anecdotes étonnantes et offre un regard insolite sur Paris.