
Au commencement était la
Bièvre, paisible rivière champêtre,
traversée ici par la voie antique menant vers Lyon et Rome,
notre actuelle rue Mouffetard.
Avec le développement de la ville et l'installation de
nombreuses activités artisanales, la rue est
devenue la principale artère, commerçante et
animée, d'un faubourg très remuant. Au XVIIIe
siècle, le petit cimetière de
Saint-Médard est ainsi le théâtre de
spectaculaires guérisons sur la tombe d'un diacre
janséniste. La foule se presse au spectacle qu'offrent ces
"convulsionnaires". La rue a conservé de cette
époque la plupart de ses maisons et quelques enseignes comme
celle de la
Bonne
source ou du
Nègre
joyeux.
Des échappées dans les ruelles, passages et cours
du voisinage offrent du quartier un visage très
différent, plus calme et presque campagnard,
décrit par Balzac dans le
Père Goriot.
Ici, tout rappelle la proximité de
l’Université et la forte présence
monastique. Le couvent des filles de
Sainte-Aure a inspiré Hugo dans
Les
Misérables ; le couvent des spiritains nous ouvre
les portes
de son réfectoire, de son superbe escalier et de sa chapelle
construite par Chalgrin. Après un passage par la place de la Contrescarpe,
la promenade s'achève dans les arènes de
Lutèce.