Situé au
nord
des grands boulevards entre les faubourgs Montmartre et Saint-Denis, ce
secteur de Paris est, jusque
vers 1770, occupé par des jardins maraîchers.
Ceux-ci sont traversés par le chemin autrefois
emprunté par les poissonniers de la mer du Nord pour se
rendre aux halles. Les communautés
religieuses propriétaires des terrains décident
alors de les lotir. De somptueux hôtels particuliers
sortent peu à peu de terre et le quartier de la
“Nouvelle France” devient l’un des plus
élégants de la ville.
La Révolution ne modifie pas cet état de fait,
même si la haute finance a souvent remplacé
l’aristocratie.
L'hôtel Benoît de Sainte-Paulle
témoigne du faste des occupants du quartier.
A partir du milieu du XIXe siècle, l’installation des gares du Nord et de l’Est ainsi que quelques grands axes percés dans le voisinage favorisent le développement du commerce, de l’artisanat et de la petite industrie. Le faubourg Poissonnière devient plus populaire. C’est à cette relative paupérisation que nous devons un édifice remarquable : par souci d’économie, l’architecte Louis-Auguste Boileau a construit une nouvelle église paroissiale en style gothique entièrement métallique, abondamment éclairée par d’éclatants vitraux.
En marchant vers Saint-Vincent-de-Paul, cette promenade dans un quartier souvent méconnu réserve quelques autres surprises comme un étonnant immeuble d’inspiration art nouveau, lourdement décoré de grès flammé et de lave émaillée.