
A
l'aube du XVIIe siècle, la France importe le gros de ses
meubles et objets de luxe d'Allemagne, des Pays-Bas et d'Italie. Au
XVIIIe siècle, c'est désormais elle qui donne le
ton à
l'Europe en matière d'arts décoratifs et Paris
exporte largement ses créations. Entre temps, nos rois ont
su mener une politique économique volontariste. Nos artisans
ont su s'approprier les techniques les plus variées
: marqueterie de bois et de métal, bronze et
argent ciselés, porcelaine ou vernis imitant la
précieuse laque. Ils ont pu ainsi laisser libre
cours à leur imagination pour satisfaire une
clientèle d'aristocrates et de financiers soucieuse de luxe,
de confort et d'incessante nouveauté.
Les très riches collections du musée des Arts
décoratifs, récemment
redéployées dans des espaces plus clairs,
permettent de suivre l'évolution du goût et du
quotidien dans les intérieurs
élégants. Au fil de notre promenade, nous
croiserons ainsi un somptueux cabinet couvert d'une marqueterie
florale, un fauteuil roulant pour malade avec sa garniture de cuir
d'origine,
quelques "fauteuils à châssis", quatre dragons
sous une opulente console, un chandelier d'argent modulable, des
quartiers d'artichaut presque à croquer, une belle boiserie
"à la capucine", une chaise de toilette en coeur, un lit
pliant, une armoire de port en acajou massif... et bien d'autres
trésors encore. Bref, tout un art de vivre.